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Défendons les blaireaux
Déterrage du blaireau en Haute-Vienne : quatre dénis pour une même décision
Malgré une opposition massive lors de la consultation publique, quatre années consécutives de décisions préfectorales suspendues ou annulées par la justice, des arguments scientifiques écartés du débat et un été 2026 marqué par des épisodes caniculaires particulièrement éprouvants pour la faune sauvage, le préfet de la Haute-Vienne a de nouveau autorisé une période complémentaire de vénerie sous terre du blaireau du 8 Août au 14 Septembre 2026. pour en savoir plus –>Communique de presse détaillé
Pour FNE Limousin, le GMHL et la LPO , cette décision illustre quatre formes de déni :
1. Déni démocratique : 1 200 citoyens consultés, seulement 2 favorables
L’administration n’est pas juridiquement tenue de suivre la majorité exprimée lors d’une consultation publique. Mais lorsque 99,8 % des participants ne soutiennent pas le projet, la morale et la démocratie impose de tenir compte des votes exprimés.
2. Déni judiciaire : quatre années de suite, les arrêtés ont été suspendus ou annulés
En Haute-Vienne, les arrêtés préfectoraux autorisant une période complémentaire de vénerie sous terre du blaireau ont été suspendus ou annulés quatre années consécutives, entre 2022 et 2025 par le Juge du tribunal administratif de Limoges.
Peut-on continuer à ignorer quatre années consécutives de contentieux défavorables et une jurisprudence récente qui interroge directement la légalité des périodes estivales de déterrage ?
3. Déni scientifique : lorsque les faits qui dérangent ne sont pas examinés
Les associations ne contestent ni l’existence de dégâts agricoles ni la nécessité de protéger les élevages. Elles demandent simplement que les décisions publiques reposent sur des données vérifiables et sur une analyse scientifique indépendante.
Or, selon les propres données présentées par l’administration, le montant des dégâts expertisés attribués aux blaireaux serait passé de 32 008 euros en 2025 à 2 956 euros en 2026, soit une baisse de plus de 90 %. Dans le même temps, le montant total des dégâts avancés repose désormais très largement sur des déclarations non expertisées (+ 232 %).
L’ANSES rappelle notamment que, dans les zones indemnes de tuberculose bovine, l’élimination préventive du blaireau ne peut être justifiée par la seule lutte contre cette maladie.
Lorsque les données objectivées diminuent fortement et que les arguments scientifiques ne sont pas réellement discutés, sur quelle base repose la poursuite de cette politique ?
4. Déni climatique : après la canicule, la faune sauvage a besoin de répit
La décision intervient après un été 2026 marqué par des épisodes de chaleur intense et prolongée. Après cet été exceptionnellement éprouvant pour les milieux naturels et la faune sauvage entraînant un risque de mortalité, notamment chez les jeunes, est-il réellement nécessaire d’ajouter de nouveaux dérangements et de détruire les refuges dont les animaux ont besoin pour traverser les périodes les plus difficiles ?
La faune sauvage a déjà subi la chaleur et la sécheresse. Elle n’a pas besoin que ses refuges soient détruits.
FNE Limousin, le GMHL et la LPO demandent que la politique menée à l’égard du blaireau en Haute-Vienne soit réexaminée à la lumière des faits, du droit, des connaissances scientifiques et des conditions écologiques exceptionnelles de l’année 2026 qui risquent de devenir la norme.
