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S'informer sur la sécheresse 2026
Actualité du mouvement FNE
La sécheresse 2026 est aussi sévère que l’ont été les canicules.
La sécheresse, c’est une question d’eau. Quand on parle de sécheresse, on distingue :
La sécheresse météorologique : “il ne pleut pas”, un déficit de précipitations prolongé affecte un territoire
La sécheresse agronomique : “les sols sont secs”, le manque d’eau affecte le développement de la végétation
La sécheresse hydrologique : “il n’y a plus d’eau dans les rivières”, les niveaux des nappes souterraines et le débit des cours d’eau diminuent ; les milieux aquatiques sont impactés et leur fonctionnement naturel est perturbé. C’est de celle-là dont nous allons parler.
Selon Météo France, le mois de juin 2026 était le mois de juin le plus chaud qu’ait connu la Nouvelle-Aquitaine depuis le début des statistiques en 1959, dépassant les mois de juin déjà brûlants de 1976, 2003 et 2025. La chaleur a continué en juillet 2026 qui a même été le mois le plus chaud et un des plus sec jamais enregistré en France depuis 1900. Les chaleurs augmentent l’évaporation des masses d’eau mais surtout le phénomène d’évapotranspiration par les plantes.
La pluviométrie est également très basse cette année. Le mois d’avril 2026 a été un des plus sec jamais mesuré sur la moitié nord de la région. Le reste de l’été a suivi cette tendance avec des pluies rares.
Nos associations constatent sur le terrain les conséquences de ce phénomène climatique : des assecs prolongés dans certaines rivières, une importante sécheresse du sol, un nombre important d’animaux sauvages déshydratées, voir dans certains départements de notre région des incendies dévastateurs.
En juin 2026, selon le bulletin de l’ARB NA, la situation des débits des rivières était très grave : «Toutes les stations indiquent un débit inférieur à la moyenne, avec des déficits marqués pour la plupart : 44% des stations indiquent un débit moyen mensuel faible, et 44% un débit très faible».
Notre région est un territoire fragile. Environ les deux tiers de la Nouvelle-Aquitaine sont classés en Zone de Répartition des Eaux, c’est à dire que la ressource en eau est structurellement déficitaire face aux consommations qui sont trop importantes.
Les études prospectives pour 2050, menées par les agences de l’eau annoncent des chiffres inquiétants. Sur le bassin Loire-Bretagne il est par exemple attendu des températures de l’eau jusqu’à 1,6°c plus élevées que les moyennes actuelles, tandis que sur le bassin Adour-Garonne il est anticipé «Moins 50% de débit en été sur le bassin versant (juillet à août)».
Comment s’informer sur l’évolution des niveaux d’eau ?
Plusieurs sources officielles permettent aux citoyens et citoyennes de la région de s’informer sur la sécheresse en cours.
- Pour suivre dans le détail la situation hydrologique des sols et des rivières, on peut consulter le Bulletin mensuels de Situation Hydrologique de l’ARB NA.
- Pour suivre les débit des principales rivières aux stations de mesure, on peut consulter l’Hydroportail de EauFrance (cliquer une des station représentée par un point bleu, puis sur «voir les mesures»).
- Pour suivre la situation météorologique mensuelle sur la région, on peut consulter les bulletins climatiques mensuels régionaux de Météo France.
- Pour suivre la situation des nappes d’eau souterraines, on peut consulter météeau nappes, du BRGM qui propose un bulletin de situation, la possibilités d’interroger une nappe précise, voir même un point d’eau (ou piézomètre).
La gestion de crise de l’eau, des restrictions nécessaires
Face à cette crise, la réglementation prévoit que l’usage de l’eau puisse être limitée par arrêté préfectoral. Ce sont les «arrêtés sécheresse», qui peuvent restreindre certains usages de l’eau considérés comme moins prioritaires, afin de protéger l’usage le plus important, vital, l’alimentation en eau potable.
Le risque de rupture d’alimentation en eau potable est réel dans certaines parties de la région. La Creuse est particulièrement exposée à ce risque, ayant déjà connu des ruptures, mais d’autres territoires y sont également vulnérables, comme le sud des Pyrénées-Atlantiques, le Sud Charente, le Lot-et-Garonne et la Corrèze. La pollution de l’eau due à la concentration des polluants qui ne sont plus dilués dans un volume suffisant, ou le risque de problème liés aux canalisations sont autant de facteurs qui peuvent faire basculer des situations. La gestion du risque de rupture d’alimentation en eau potable coute cher à la collectivité, pèse sur nos impôts et mobilise l’attention des agents et élus des commune et des intercommunalités, qui sont responsables de la gestion du service public d’alimentation en eau potable.
En l’attente de politiques publiques structurelles permettant de protéger la ressource et de préserver des milieux naturels qui jouent un rôle millénaire de rétention des eaux, le bon sens impose de rationner certains usages en fonction de leur utilité publique.
Ainsi, chaque année, des arrêtés sécheresse sont adoptés pour inciter aux économies d’eau puis progressivement pour interdire les usages les plus superflus, avant de serrer la vis et de limiter les usages économiques puis ceux quotidien. Vous pouvez retrouver la carte des territoires concernés par des restriction d’usage de l’eau sur VigiEau.

Pour découvrir dans le détail comment fonctionne la gestion de l’eau en période de crise, vous pouvez consulter la formation sur la sécheresse donnée par FNE Nouvelle-Aquitaine le 24 juin 2026 dans le cadre du programme Sentinelles de l’eau.
Téléchargez la formation de FNE NA sur les arrêtés sécheresse
Pour résumer, les arrêtés sécheresse (et les restrictions d’eau qui les accompagnent) sont déclenchés en fonction de l’évolution prévisible de la ressource en eau. Certains arrêtés de la région prévoient que des seuils de crise peuvent être franchis lorsque certains cours d’eau structurant passent en état d’assec (= il n’y a plus d’écoulement). Pour connaître l’état d’écoulement, plusieurs outils sont mis en place. Deux de ces outils sont structurés, et le troisième est un outil d’observation opportuniste par les citoyens.

- Le premier réseau de suivi des écoulements est le réseau ONDE, pour Observatoire National Des Étiages, (étiage étant la période où les cours d’eau sont naturellement bas). Ce réseau est constitué d’un grand nombre de points d’observations sur les rivières, où se rendent à une fréquence régulière des agents de l’Office Français de la Biodiversité de mai à septembre.
- Le second réseau est celui assuré par les Fédérations de Pêche et de Protection des Milieux Aquatiques. Dans le cadre de cette mission, des techniciens des fédérations de pêche et des bénévoles arpentent une petite partie des rivières de la région, et notent l’état d’écoulement de ces linéaires. Vous pouvez consulter les résultats de cet important travail sur le site de l’ARB NA.
- Le troisième est développé dans le point suivant :
Comment participer au suivi des rivières en tant que citoyen ?
Afin d’aider à limiter le sentiment d’éco-anxiété, nous souhaitions proposer aux personnes qui nous lisent quelques ressources utiles ainsi que des petits moyens d’action qui permettent de faire avancer la science en fournissant des données de terrain.
Le programme scientifique de l’OFB dédié au suivi participatif des rivières se nomme En Quête d’Eau.
Il permet, à l’aide de son smartphone, de prendre une photo depuis le site internet En Quête d’Eau, de noter la position GPS du cours d’eau que l’on veut suivre, de noter le nom de l’écoulement (si on le connait), et d’indiquer si l’eau s’écoule ou non.
4 niveaux d’écoulement sont possibles, comme on peut le voir dans le tutoriel ci-dessous :

Si vous observez les rivières cette année, et que vous constatez des poissons et/ou des anguilles morts qui flottent à la surface, cette information peut également intéresser des scientifiques. Vous pouvez alors remplir ce formulaire de l’INRAE qui cherche à recenser les mortalités piscicoles de mai à septembre cette année 2026.
Ces observations permettent également de mieux comprendre le fonctionnement de ce qu’on appelle les cours d’eau intermittents. Certains cours d’eau sont naturellement à sec lors de l’étiage, mais ils sont rares ou plutôt situés dans le bassin versant méditerranéens. La vie peut s’y être adaptée. Le réchauffement climatique étend ce fonctionnement hydraulique à des cours d’eau où les espèces de faune et de flore n’ont pas évolués avec un tel environnement.
Pour conclure
Seules des politiques publiques à la hauteur des enjeux de la crise climatique permettront d’éviter le pire.
Pour porter ces messages auprès des décideurs et décideuses politiques, auprès des habitantes et des habitants de la région, des entreprises, des jeunes et de tous les autres publics, nous invitons les personnes qui le peuvent à rejoindre une association de protection de la nature. FNE NA peut vous mettre en relation avec une APNE proche de chez vous.
Si vous souhaitez rencontrer des personnes, partager vos préoccupations pour l’environnement et agir concrètement en faveur de la protection des milieux naturels et des espèces qui les peuplent, n’hésitez plus à devenir bénévole.
Si vous n’avez pas le temps de nous rejoindre mais que vous vous reconnaissez dans nos actions, vous pouvez faire un don, vous abonner à notre lettre d’information mensuelle, partager cet article, ou tout simplement parler de l’environnement à vos proches.